Numéro un de la fraise en Russie, Pavel Groudinine connaît son affaire. Et cet exploitant agricole, qui pro­duit aussi des légumes, des jus de fruits et du lait, conteste la version des autorités russes, selon lesquelles l’embargo alimentaire, décrété en août 2014 contre les pays occidentaux, en représailles aux sanctions internationales adoptées quelques mois auparavant, aurait permis à l’agriculture russe de se développer grâce aux produits de substitution. Pas du tout, répliquait-il lors d’un colloque à Moscou sur le sujet, « avec une croissance du secteur de 3,1 % en 2015, inférieure aux années précédentes, c’est une agriculture de stagnation ».
Sanctions versus contre-sanctions, les débats s’animent en Russie, alors que s’ouvre, jeudi 16 juin, le Forum économique de Saint-Pétersbourg, en présence, pour la première fois depuis le début de la crise ukrainienne, du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. En amont de ce « Davos russe », les partisans, en Europe, de la levée des sanctions contre la Russie, financières, technologiques et énergétiques pour l’essentiel, se sont manifestés davantage, tandis que le gouvernement russe vante, malgré les difficultés, l’essor de son agriculture.
« Tout a augmenté »
Mais, installé, cette fois, dans ses bureaux situés dans la grande banlieue moscovite, Pavel Groudinine, 55 ans, persiste à contrarier Moscou : « Les discours officiels sur l’embargo et les sanctions sont une manœuvre de diversion. Pour nous, la sanction principale, c’est le cours du rouble », assène-t-il….

Источник: http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/06/16/au-sovkhoze-lenine-l-embargo-ne-porte-pas-ses-fruits_4951511_3234.html?xtmc&xtcr=4